Téléjournal du 14.12.2017

Une équipe de télé nous a suivi mercredi... La gloire...

Magnifique!

12.12.2017 - 19h30  Difficile d'imaginer meilleure base pour cet hiver 2018, les neiges naturelles de novembre ont évolué sereinement, sans redoux ni pluie, et les températures ont permis de créer une base artificielle solide sur les pistes équipées. Décembre débuta tranquillement, mais le yoyo des températures et 4 jours sans nuage ont favorisé la métamorphose de la neige. Alors que MétéoSuisse nous annonçait plusieurs perturbations actives dès le 8, je tirais un bilan du substrat sur lequel reposerait la nouvelle neige. Comme on a pas que ça à foutre, je me suis contenté d'une PhotoSphère et d'un profil-exprès filmé à l'arrivée de Tsarmettaz à 2700m. 


Conclusions: vallée jusqu'à 1800m et faces plein Sud jusqu'à 2600m libres de neige; pentes Nord et plats au-dessus de 2000m avec 40cm de neige bien métamorphosée sans aucune cohésion; pentes faciles à atteindre depuis les installations déjà bien skiées, traces durcies par le froid. Et quel froid: -20.1 samedi au petit matin, -20.6 à 18h à la Corne de Sorebois 2900m, record saisonnier. On atteint rarement pareilles profondeurs de mercure début décembre. Moralité: déclenchements naturels ou provoqués très faciles sur toutes les pentes, sauf plein soleil, dès les premières neiges. Lors du premier minage de la saison samedi, nous avons déclenché facilement toutes les pentes jouxtant le domaine skiable et peu se sont aventurés plus loin.  Heureusement la journée de dimanche fut morose et peu fréquentée. Nous étions sous la perturbation et avons mesuré 30cm entre 8 et 16h. Les précipitations ont cessé en début de nuit, un fort redoux ne laissa que 20cm à noter après tassement lundi matin à 8h. La station fermée en semaine, nous avons effectué les premiers tirs des Gazex lundi vers 10h30 pour un résultat faible. toutes les pentes abruptes s'étaient purgées spontanément. Trois jours de vents plein Sud ont accumulé la neige dans les combes, qui se déclenchaient sous la charge de neige accumulée. Aucune rafale n'a dépassé les 100 km/h, mais les vents sont restés soutenus toute la période.

Ce mardi, la météo annonçait de faibles précipitations, nous en avons profité pour purger un maximum de pentes sous l'arête de Sorebois jusqu'à Combe Durand. Nous avons provoqué de belles coulées sur les pentes moyennes qui ne s'étaient pas purgées seules, le degré 4 fort décrété dimanche soir n'avait plus lieu d'être et Davos avait remis la région, à raison, en degré 3. Les couloirs Nord se sont déchargés rapidement sous les accumulations dues au foehn, nous avons aidé les pentes moyennes exposées Est qui n'ont opposé que peu de résistance au minage.

La plaine du Rhône a connu un épisode exceptionnel dimanche, on parle de 80cm à Sion, record depuis 1971?! Panique sur les routes et compagnie. J'ai appelé mes parents à Sierre 550m dimanche soir, des gosses faisaient de la luge sur la rue de Borzuat comme mes frères et moi dans notre enfance. Ce qui arrivait chaque hiver voici 30 ans est considéré comme exceptionnel en 2017. Je souhaite plein de neige aux enfants de demain, le monde est tellement plus marrant quand il glisse. Demain mercredi le soleil devrait s'approprier le ciel, nous en profiterons pour terminer la purge des pentes surplombant les pistes et autres infrastructures à protéger. Puis un nouveau chapelet de perturbations amènera, selon les estimations, assez de neige pour redistribuer les cartes.


Alors que la neige s'accumulait dimanche, de nombreux randonneurs arrivaient à Sorebois par Singlinaz. Lundi par degré 4 justifié, des randonneurs et raquetteurs sillonnaient le vallon. Les habitudes de "consommation" des loisirs en montagne ont favorisé la liberté individuelle au détriment des activités encadrées par des professionnels conscients du danger. Si un véritable Hiver revient, les morts suivront, comme dans le feuilleton. 

Novembre 2017

06.12.2017 - 19h30    Ce fut un novembre normal; des précipitations sous forme de neige jusqu'en station, de belles chutes du mercure au gré des fronts froids, de belles hausses au retour du soleil, un climat idéal en montagne pour produire de la neige artificielle. Nous n'avons pas ressenti ce malaise discret que nous taisons en skiant sur des pistes artificielles bordées de pâturages, ni la déception d'un redoux ou d'un période de foehn détruisant la base de notre travail hivernal. Lors des premiers week-ends ouverts au public, les pistes étaient parfaites bien que durcies en fin de journée par le passage des nombreux skieurs. J'ai évité les hors-pistes dans l'attente de meilleures conditions, je suppose que les acharnés voulaient démolir leur ancien matériel avant le passage du Père Noël. L'ouverture au public le samedi 18 novembre enregistre un record de fréquentation, les skieurs romands sont venus nombreux étrenner le Magic Pass à Grimentz-Zinal. Un aventure à signaler, la station organisait un combiné masculin le mercredi 29 sous un ciel changeant et des températures glaciales. Avec les interruptions de course dues à la visibilité, la manche de super-G à duré 4 heures. Bravo aux bénévoles peu habitués à supporter ces conditions extrêmes. Comme de coutume, la feuille de calcul regroupant les mesures à 8h du matin est en ligne. Je suis étonné que le bulletin climatique du mois n'aie pas encore été publiée par MétéoSuisse. Je suppose des précipitations et un ensoleillement dans les normes, des températures légèrement en-dessous.

Les canons à neige assurent des pistes praticables jusqu'à Pâques
Les 108cm de neige tombée ont gardé une couche stable autour des 50cm, protégeant le terrain du froid. La terre des pentes Nord est gelée au-dessus de 2600m, tout reste mou ailleurs, les marécages et sources coulent encore, mais les principales cascades du vallon sont solides et praticables. Des débordements et le yoyo des températures laissent comme l'hiver passé de vastes plaques de glace cachées sous une neige encore peu épaisse. Un piège pour les randonneurs. Le premier bulletin régional annonçait un danger limité le 12 suivi par 4 jours en degré 3 marqué, ce qui était exagéré en-dessous de 3000m. Le mois s'est terminé en degré 2, nous n'avons pas brûlé de munition en novembre.

Cliquez sur le diagramme pour l'agrandir  


      

Un bon début, mais...

14.11.2017 - 18h30    Nous sommes clairement traumatisés par le début d'hiver précédent, quand les 104cm de la première quinzaine de novembre se firent d'abord bouffer par le foehn, puis achever par un décembre exceptionnellement doux et sec. La saison 2018 à beau démarrer sur les chapeaux de roues, nous regardons de biais ce blanc manteau fragile et menteur. Une première incursion hivernale apportait 31cm les 6 et 7 novembre, de quoi nous mettre dans l'ambiance. Le week-end passé, une tempête hivernale décrite sur le blog de MétéoSuisse nous apporta de quoi garantir l'ouverture au public prévue samedi 18. Un premier front chaud apporta d'abord 12cm à 2500m, la pluie ne laissant que quelques traces de neige sous 2000m. Une belle journée dimanche jusqu'au front froid express qui traversa le pays en soirée, apportant en quelques heures 25cm à Sorebois et faisant chuter les températures jusqu'à -14.8° à la Corne.

Dimanche 12 à 18h20 le front froid atteint les Alpes
Nous étions déjà dans la traîne vers 21h. Une traîne active lundi, avec des vents de plus de 50 km/h et des températures sous -10°, le ciel se dégagea complètement en fin de journée pour laisser toute la place au soleil ce jour. La situation est idéale pour préparer les pistes, la première neige lourde du front chaud, comme celle tassée par le vent, sont figées par le froid. L'air sec et les températures optimisent l'usine à neige.

La Face à Etienne ce mardi à 10h
Des sportifs s'entraînent depuis vendredi 10. La neige poudreuse, un peu molle au goût des compétiteurs, creuse autour des portes. Un excellent entraînement selon un cador, qui souriait en regardant gesticuler les jeunes. De nombreux français sont présents, l'ambiance générale est plombée par l'accident de David Poisson, un ami de Zinal.

La zone des Italiens, de premières avalanches spontanées
La neige est compacte, plaquée par les vents tempétueux d'un très large Ouest tendance Nord... Une mesure de 61cm à 2500m, plus de 80cm à l'altitude du téléphérique de liaison. De nombreuses avalanches spontanées, petites à moyennes. Le premier bulletin plaçait la région en danger limité le 12 pour passer à marqué le 13, évaluation conforme aux observations. La première victime de la saison est déplorée à Engelberg ce mardi. Les pistes ouvertes sont bonnes, le hors-pistes à 5/10 demain, à 4/10 ce week-end avec les zones croûtées. Les cailloux, juste cachés, sont bien plus dangereux que les avalanches.

Hiver 2018 - Situation initiale

05.11.2017 - 18h30  Il faut remonter à 2012 pour trouver de la neige à Sorebois  début novembre. J'ai repoussé au 2 la randonnée vers le Tônet d'où je prends la traditionnelle image du domaine skiable à la Toussaint. J'inaugure l'album et le libellé hiver 2018 par un clone des saisons précédentes; du pâturage loin d'être gelé, quelques résidus dans les faces ombragées, les premiers tas de neige artificielle.

Sorebois le 2 novembre 2017 à midi
A regarder de plus près, on remarque des zones vertes près des reposoirs et des marécages, octobre fut exceptionnellement ensoleillé et doux. La journée du 2 était un peu laiteuse entre deux jours radieux. Les 90 minutes de marche pour atteindre le Tônet appartiennent plus au rituel personnel qu'à la science, j'ai fait une photo-sphère de cet endroit magnifique. Cette technique fonctionne bien, c'est même bluffant avec un casque de réalité virtuelle, je l'utiliserai plus régulièrement. J'aborde la saison en pleine forme physique, avec enthousiasme et bonne humeur. La gestion de la neige et la sécurité des hôtes nous expose à des scénarios imprévisibles, aborder ces situations avec une longue expérience du terrain facilite le jeu. La principale difficulté vient de l'indiscipline des sportifs. Si toutes les consignes étaient respectées, ainsi que les filets, panneaux et règles générales de la montagne, nous aurions très peu de victimes. Equipez ce très peu d'un bon matériel bien utilisé il se réduira à très très peu.

Grande nouveauté cette année, 4 Gazex surplombent les pentes de Singlinaz et de la Lé. Ces gros tuyaux visibles sur l'arête des Gardes-de-Bordon permettent des déclenchements télécommandés, même par mauvais temps ou de nuit. Moins dépendants de l'hélicoptère, nous éviterons les grosses accumulations capables de toucher les infrastructures. Reste à persuader les randonneurs de respecter les fermetures avant les tirs, sur la route de Singlinaz et les piste de fond. Les déflagrations sont plus fortes qu'avec les explosifs, tout le vallon sera secoué. Je consacrerai un article complet quand je connaîtrai les procédures exactes.


Un beau front froid actif est entré samedi par l'ouest, il a commencé à pleuvoir à Zinal vers 7h ce dimanche matin, la limite de la neige d'abord à 1900m est arrivé vers 1600m à midi. Nous noterons demain les premières neige du millésime, la sonde de Tracuit affiche déjà 22cm pour 8cm à Zinal. La semaine s'annonce perturbée et froide, des conditions qui permettront de préparer des pistes pour l'ouverture au public le week-end des 18 et 19 novembre. Comme d'habitude, la situation météo du matin est publiée sur le compte twitter Annitrek, le danger d'avalanches sur le compte twitter Sorebois, les informations brèves et autres liens intéressants sur la page Google+ Annitrek, ce blog décrit la situation et affiche l'enneigement, les records saisonniers, et regroupe les liens intéressants. Les photos de la saison sont sur l'album public Hiver 2018 , les vidéos sur le compte YouTube. Vous pouvez comparer par curiosité les situations initiales des neuf hivers précédents Hiver 2009   Hiver 2010   Hiver 2011   Hiver 2012   Hiver 2013    Hiver 2014   Hiver 2015   Hiver 2016    Hiver 2017

2017 - L'été de l'âme

2014 fut l'été des champignons, 2015 celui des écureuils, 2016 celui des longues oreilles; je titre l'habituel résumé de la saison d'après une observation inhabituellement redondante, toujours en lien avec la nature et la météo. Toutes mes activités exigent une synchronisation avec le ciel et les cycles naturels. Comme un paysan, je m'organise d'après Dame Nature, ce lien permanent devient routinier, inconscient. Entre il fait frisquet ce matin et il fait -7,6° HR 60%, le blog.annitrek.ch partage la médiane entre les chiffres et le ressenti.

Le très partagé coucher de soleil sur la Couronne du 4 octobre 2017 depuis Nava à 19h15 

Une saison estivale facile à vivre, des températures à nouveau trop douces, des périodes ensoleillées suivies d'assez de pluies pour éviter les sécheresses mais un total des précipitations nettement sous les normes. Le tout accompagné par une fonte spectaculaire des glaciers peu protégés par le faible enneigement de l'hiver passé. Le danger d'incendies n'a pas excédé  4, aucune interdiction générale prononcée cet été malgré la chaleur dans les bureaux. Le bulletin climatologique été 2017 de MétéoSuisse comme celui du printemps résume le troisième été le plus chaud depuis le début des mesures. Un refroidissement mi-avril ravagea le vignoble et les vergers, un autre en septembre fit peur aux feuillus qui se colorèrent précocement. L'automne fut somptueux, octobre qualifié de flamboyant et magnifique par MétéoSuisse. Une fenaison normale sans plus, la pire vendange, une saison d'estivage du bétail facile, production de fruits dans la norme pour les sorbiers. Les principales manifestations en Anniviers ont bénéficié d'une météo favorable. J'ai remarqué une présence accrue du lièvre, beaucoup de souris. Six rencontres avec des vipères contre deux à trois habituellement. Les arolles ont de nouveau fourni abondance de cônes, écureuils et cassenoix prolifèrent. J'ai probablement perdu le cycle des arolles faute de rigueur dans l'observation. On a fait grand battage du braconnage d'un loup à Mayoux , et de l'installation d'une meute. L'album public Eté 2017 est en ligne, j'ai fait peu d'efforts cette saison dans les clichés comme dans les publications générales.

Dans le monde 10 ouragans dont 6 majeurs ont animé l'Atlantique Nord, Ophélia s'est perdue en Irlande, les incendies les plus spectaculaires ont touché la Californie, le Portugal et l'Espagne, les Chinois ont acheté 20 millions de véhicules neufs depuis le début de l'année, la concentration de CO2 est la plus forte depuis 5 millions d'années, l'économie libérale voit le mur et accélère... Peut-être pour passer à travers?

Inalpe de Nava le 17 juin à l'heure de l'apéro

Plus rigide encore que l'ossature, condamnée à suivre l'ensemble de l'individu, souvent surprise par les choix de l'esprit, parfois entraînée contre son gré par l'ensemble, on trouve l'âme. La mienne exigeait des choix; plusieurs projets menés à bien me laissent définir de nouveaux objectifs. Esprit et âme ont conversé l'été durant, dans un corps encore en excellent état, dans un pays merveilleux assez bien habité.

Conclusions des tractations neuronales : La croissance démographique galopante, le vol et le gaspillage des ressources par l'élite, la maîtrise que nous offrent la science et les machines laissent envisager trois scénarios. Dans le premier la nature, dont notre tempérament belliqueux, régule l'espèce jusqu'à un chiffre écologiquement acceptable. C'est l'idée du pire. Dans la deuxième, comme nous voulons tous vivre longtemps et avoir nombreuse descendance, nous apprenons à cohabiter. Dans la troisième nous colonisons l'univers en utilisant la science et l'instinct naturel de prolifération de la Vie, qui nous a peut-être créé uniquement pour échapper à la planète. Fan d'Asimov, je visualise bien cette hypothèse. Dans les deux cas où la régulation par extermination est évitée, nous devrons vivre en tas dans des citées géantes, des vaisseaux ou des colonies. Pour vivre dans un milieu confiné nous devons en maîtriser artificiellement tous les paramètres, le lien avec l'incroyable diversité de Dame Nature sera rompu, nous n'utiliserons que les parties que nous savons utiliser, que nous jugeons utiles. Tout semble préparer l'homme à la vie artificielle; technologies de la communication, nivellement des genres, véganisme, spécisme, éducation étatique, condamnation et rééducation de toute déviation ou instinct violent, exclusion des drogues naturelles au profit des cordes chimiques qui font dormir, sourire ou bander, veuillez lire la notice d'emballage. La notion d'animal de compagnie et son coût écologique exorbitant montre le divorce jusqu'à l'affectif entre l'homme-animal et l'homme-succédané que nous préparons.

Mon âme s'y refuse, elle veut rester au contact du côté sauvage de la nature, terminer cette existence au-dessus des moutons et des loups. Aimer sans adoucir l'élan qui m'y pousse, respecter animaux et plantes pour ce qu'ils sont, ni des décorations ni des doudous, m'extasier, apprendre de mes erreurs, choisir mes objectif, affronter l'impondérable et les échéances. Nous sommes la seule espèce à contrarier les instincts, je limite par dépit ce pouvoir à la procréation. J'espère que les hommes de demain pourront garder un pied sur le carrelage et l'autre dans la terre, mais crains que ce privilège ne survive à ma génération. Manutou a parlé, ugh!

La Clique

Je publie habituellement sur ma chaîne YouTube les montages humoristiques qui animent nos soupers d'entreprises. Ce clip illustre le travail des machinistes sous une musique de Kanye West jugée explicite, YouTube refuse de la rendre publique pour une question de droits d'auteurs, souvent réglés par la présence d'une petite pub. Comme il est plaisant de contourner les interdits, je l'ai postée sur mon drive et rendue disponible par ce lien:


A hue et à dia

L'amour de la nature extirpe ses aficionados du contexte socioculturel, le plaisir des choses dites simples offre un échappatoire facile aux vicissitudes de la vie de troupeau. En considérant "bien" ce qui nous stimule favorablement les neurones, et "mal" ce qui déplaît, sans filtre imposé ni effort, on s'invente un système de valeurs. Encore faut-il pouvoir suivre sa propre sagesse, la société tire sa force de la dictature du nombre et tend à éviter les électrons libres. A vouloir vivre sa définition du bien sans compromis on se retrouve seul; à observer le monde de son bastion intérieur en cherchant le mal et ses causes, on annihile doucement sa capacité d'aimer. Malgré ça, le loup solitaire n'est qu'un composant satellite de la meute, si elle s'éloigne, il la suivra.

L'état de solitude terrifie la majorité qui la considère anormale et pesante, elle est la béatitude du solitaire. Je suis ainsi fait, mes interactions sociales ne sont validées qu'après une période de calme et d'introspection. L'immersion dans la nature, la contemplation d'un paysage de montagne, d'un torrent, des vagues ou d'un feu, rend l'idée au chaos qui la lave puis la retourne à la raison, qui peut à son tour la trouver digne d'intégrer l'âme. Le solitaire vit par et pour les autres, ses pensées par et pour son âme. Je soupçonne de couardise ceux qui, à l'autre extrême, puisent, confortent et intègrent les idées au sein du groupe uniquement. Ils imaginent un univers artificiel logique et contrôlable, se cachant par mille subterfuges ce chaos d'où nous sommes issus, où nous retournons inexorablement.

Ravis que vous me lisiez toujours à ce stade du discours. Internet permet au solitaire-près-du-feu-dans-sa-cabane d'interagir à l'envie, puis de soumettre immédiatement la pensée au chaos. J'utilise beaucoup l'outil, c'est souvent fort d'une idée validée que je retourne dans la meute. Puis rentre penaud, incapable de restructurer un schéma mental inadapté. Rattrapé par la réalité, j'ai cessé d'émettre en janvier, histoire d'éviter de compliquer une situation qui me dépassait aux niveaux professionnels et affectifs. Un jour de perplexité, je regardais la posture des âne qui paissent l'été durant à la Tzoucdana, ils semblaient tirer à hue et à dia selon l'expression consacrée. Comme le monde, comme ma décision de continuer ou pas de rendre publics mots et images de ma vie.

"Je t'aime! Moi non plus!" ou "Je vais par là, mais pas sans toi!"
J'ai tranché début septembre en publiant mes articles de blog de l'hiver passé. J'ai du plaisir à observer l'évolution de la neige comme à transcrire les mesures et mes modestes analyses. C'est partie de mon travail hivernal d'observer, mesurer et constater; le partage est pur altruisme et n'engage à rien. Il crée une relation particulière avec les habitués du vallon qui lisent le blog, et évitent les questions répétitives comme l'éternel: "Combien de neige tombée cette saison?"

Les publications numériques dépendent du business des machines, et de celui particulièrement capricieux des logiciels. Mon HP acheté en 2010 sous Seven est mort d'un cancer de Windows fin janvier; une mise à jour intempestive l'a laissé tourner en boucle. La bécane acquise ce printemps tourne sous Ubuntu, j'en suis satisfait et prends désormais plaisir à utiliser les nouveaux logiciels, libres, auxquels j'ai dû m'habituer. On les disait plus configurables, il faut en effet plus les configurer... 

Et il y a Google tout puissant, qui m'a séduit jadis par sa philosophie d'entreprise, la simplicité voire la pureté des produits, l'efficacité des outils gratuits à disposition contre un peu de publicité ciblée. En contrepartie tes publications comme leurs supports appartiennent à la firme, qui ferme un service sans recours pour celui qui y a ses habitudes, et souvent passé beaucoup de temps dessus. Reader, Picasa, Buzz... à quand la fermeture de blogger qui héberge tant de temps et de mots lancés à la volée? Allez, restons optimistes, tout meurt.
   

Hiver 2017 - Conclusions

Zinal, le 7 septembre 2017 - Après l'article du 19 janvier ct, j'ai cessé de publier sur ce blog et sur Google+, me contentant des mesures au matin sur Twitter. Je me suis retrouvé à surveiller un filet pour interdire l'accès d'une piste en préparation quand un touriste m'a agressé, images des profils que j'avais réalisé à l'appui, pour m'expliquer que j'étais un parfait ignare si je l'empêchait de skier le secteur. S'il me lit toujours, je ne le salue pas. Voici neuf hivers que je partage sur ce blog ma passion de la dynamique de la neige, j'essaie d'éviter les porte-à faux entre la communication des remontées mécaniques qui m'emploient, la réalité du terrain et l'interprétation, inévitablement personnelle à chacun, de mes publications. Je ne suis ni nivologue ni licencié en lettres, mais j'assume mes mots comme mes erreurs. Mes articles sont pour moi une mise à plat d'un problème complexe, une mémoire des hivers que je vis, et un héritage pour ceux qui devront gérer les dangers d'avalanches dans le vallon. J'ai failli renoncer, c'est si facile. Je me permettrai un brin de philosophie dans le prochain article. Je publie d'un coup ce jour toutes les données de l'hiver passé. Et serai bien présent à cette adresse, si la Vie le permet, l'hiver 2018.

Mai 2017 - Les entraînements à Sorebois débutèrent le 4 novembre déjà, il suffit de quelques mètres de largeur et d'une épaisseur de neige suffisante pour planter les piquets de slalom, et les premières équipes affluent. Dès le 6, la neige est tombée régulièrement; avec déjà 118cm de cumul fin novembre, nous espérions une saison exceptionnelle. Mais comme les trois hivers précédents, la neige bouda décembre, la couche de novembre cristallisa fortement, déstabilisant le substrat pour le reste de la saison. Ce scénario étrangement redondant avec des vacances de fin d'année sans neige compromet l'existence des stations de moyenne altitude et celles qui ne se sont pas équipées d'enneigement mécanique. Même pour les canons, il faut du froid et nous battons régulièrement des records de chaleur. Je ne me remets pas du "mois de janvier le plus froid depuis 30 ans" proclamé par MétéoSuisse, au-dessus du stratus nous avons peu souffert du froid, je pense que cette moyenne est fortement influencée par les stations météo de plaine. Malgré ces doutes, le terrain découvert tout décembre et les frimas de janvier ont gelé la terre, ce qui n'est jamais arrivé depuis que je décris les hivers soit dix ans. Difficile de tirer des conclusions, si l'affirmation "le terrain n'est pas gelé" ressemble à "c'est la pleine lune" dans le ton des experts qui tendent leur indexe vers les cieux, le résultat est comparable. Statistiquement aucune différence, et pratiquement les mêmes difficultés à gérer le danger. Terrain gelé ou pas, la neige se transforme en profondeur, on observe juste moins de reptations des pentes exposées au soleil et presque pas de gueules de baleines. Mais c'est bien le manque de neige qui rendit cette saison facile.

L'album public en ligne Hiver 2017 partage mes images de l'hiver dans l'ordre chronologique, comme de tradition j'en mets une en exergue dans les conclusions. J'ai choisi cette saison l'hallucinant spectacle que donnait le soleil au matin du 13 avril. Des cirrus faisaient prisme en haute altitude, offrant une traîne arc-en-ciel au soleil. Evidemment, la photo ne donne qu'un aperçu de l'instant. Je suis heureux d'être resté à Sorebois pour admirer la Super Lune du 14 novembre, là encore l'appareil ne montre qu'un échantillon de la beauté du moment.

Jeux de lumières sur les Diablons le 13 avril à 9h
Comme les années précédentes, la neige fortement cristallisée de novembre influença tout le travail du reste de l'hiver. Des 411cm de cumul mesurés du 1er novembre au 30 avril, 265cm seulement participèrent à la préparation des pistes naturelles. Les 118cm de novembre avaient disparu fin décembre ou était si cristallisés qu'on ne pouvait les travailler, et 28cm sont tombés après la fermeture des pistes. Mes mesures décrivent les hivers plus que l'état des pistes, et les dates comme les lieux et méthodes de ces mesures doivent être maintenus pour permettre une comparaison effective.

J'aurai 44 ans cet automne, je m'assagis... ou je deviens craintif? Si j'ai peu de compassion pour ceux qui bravent les filets et risquent leur vie pour un instant de frisson, je m'émeus de constater les risques que nous prenons parfois pour offrir de belles glissades sécurisées à notre clientèle. L'épisode du 11 mars où, à cours de munitions et dans l'impossibilité de miner à mi-pente, j'étais réduit à surveiller les pentes en amont de mes collègues machinistes, me laisse perplexe. Heureusement, ce n'est pas à moi de décider jusqu'où risquer du matériel voire des hommes pour ouvrir un secteur. De cet épisode je conclus que les métiers de patrouilleurs et de machinistes doivent être valorisés, alors que la stratégie actuelle vise à économiser sur l'humain pour privilégier l'infrastructure. Tout tend d'ailleurs à satisfaire le client par du matériel clinquant, et à empêcher le local, ce sauvage, de se mêler aux hôtes. Ou alors dans des exercices imposés, comme des distributions générales de vin chaud sur les pistes à des clients casqués, qui évitent toute spontanéité aux rapports humains.

On trouve l'aspect nivologique de la saison au fil des articles du blog, et pour résumer le côté technique, consultez les feuilles de calcul des mesures prises au matin dans le vallon de Zinal au bout des liens suivants : novembre 2016 , décembre 2016 , janvier 2017 , février 2017 , mars 2017 , avril 2017

La nébulosité 2017




Sur 186 matins observés du 1er novembre au 30 avril, 76 montraient un ciel parfait, des nuages occupaient moins de 50% du ciel 41 matins, et l’impression était au mauvais temps 66 matins. Nous avons donc l’hiver le plus ensoleillé depuis 2014. Notons l’épisode venteux du 4 mars où des vents du sud dont une pointe fut mesurée à 100km/h empêchaient le secteur Zinal d’ouvrir au public, alors que Grimentz était peu gêné. On mesura -23.3 le 17 janvier à la Corne, et une rafale d’Ouest à 105 km/h le 6 mars.

Le danger 2017



Un couche épaisse écrasée par son propre poids est heureusement plus stable qu’un enneigement d’un mètre. L’avarice du ciel n’a pas amoindri nos soucis. Le SLF a émis chaque jours un bulletin d’avalanches depuis le 10 novembre. La région était en danger faible 26 jours, en danger limité 29 jours, en danger marqué 86 jours. 14 jours se sont partagé le danger 1 le matin pour passer à 2 lors du réchauffement diurne.


Davos est parfois loin, et nous restons perplexes en découvrant le bulletin du matin. Ainsi le danger restait désespérément marqué après les neiges et le réchauffement de début mars. Devant l’ampleur des avalanches spontanées et provoquées, nous attendions une augmentation du niveau de danger. Le message de prévention est difficile à faire passer quand les publications officielles omettent le problème. A contrario, le danger passait de faible à limité le 19 avril pour… 4cm de neige fraîche.

La couche 2017

La neige est mesurée sur une surface plate, protégée des vents et du passage des skieurs, entre l'arrivée du téléski de Remointze et celui de Tsarmettaz à 2500m. La neige fraîche est mesurée tous les matins sur une planche peinte en blanc, un jalon fixe donne la hauteur de la couche.

L'évolution de la couche par quinzaine à Sorebois 2500m
Le cumul par quinzaine à Sorebois 2500m
Sur l’ensemble de la Suisse, cet hiver enregistre 50% de précipitations en moins que la norme 1981-2010. Avec 411cm de cumul de neige à Sorebois, cet hiver qui n’atteint pas la moyenne est le plus pauvre depuis 2011. De ce chiffre, nous pouvons retirer les 118cm tombés début novembre et les 28cm notés le 28 avril. Nous avons dû nous contenter de 265cm pour travailler les pistes naturelles. La couche est restée supérieure à 50cm de mi-janvier à mi-avril, la valeur la plus haute fut de 111cm à 2500m le 9 mars.

Il est tombé l'hiver 2017:

06.11.2016 = 14 cm, 07.11.2017 = 12 cm, 08.11.2016 = 04 cm, 10.11.2016 = 14 cm, 11.11.2016 = 22 cm, 12.11.2016 = 22 cm, 14.11.2016 = 16 cm, 18.11.2016 = 04 cm, 19.11.2016 = 06 cm, 27.11.2016 = 04 cm
Total novembre = 118 cm

19.12.2016 = 03 cm, 25.12.2016 = 01 cm
Total décembre = 04 cm

05.01.2017 = 04 cm, 06.01.2017 = 03 cm, 08.01.2017 = 09 cm, 11.01.2017 = 12 cm, 13.01.2017 = 27 cm, 14.01.2017 = 10 cm, 15.01.2017 = 14 cm, 31.01.2017 = 11 cm
Total janvier 90 cm

01.02.2017 = 08 cm, 03.02.2017 = 05 cm, 04.02.2017 = 01 cm, 05.02.2017 = 24 cm, 08.02.2017 = 07 cm, 09.02.2017 = 06 cm, 18.02.2017 = 04 cm
Total février = 55 cm

01.03.2017 = 07 cm, 02.03.2017 = 23 cm, 05.03.2017 = 05 cm, 06.03.2017 = 12 cm, 07.03.2017 = 27 cm, 09.03.2017 = 16 cm, 10.03.2017 = 03 cm, 19.03.2017 = 07 cm, 23.03.2017 = 02 cm, 26.03.2017 = 06 cm
Total mars = 108 cm

01.04.2017 = 01 cm, 05.04.2017 = 03 cm, 19.04.2017 = 04 cm, 28.04.2017 = 28 cm
Total avril = 036 cm

Cumul de neige hiver 2017 = 411

Les records 2017

Rien d'exceptionnel cet hiver 2016-2017, mais plusieurs tempêtes dépassant les 100 km/h et une période fraîche en janvier avec plusieurs mercures sous les -20°. Comme d'habitude, c'est le record de chaque période qui est retenu. Les valeurs sont mesurées à la station météo de la Corne de Sorebois 2900m.

Le vent :

Suivent 96.1 km/h S 187° le 20.11.2016 à 22h00 et 88.6 km/h W 291°  le 10.11.2016 à 07h00


Le froid :

Suivent -15.5° le 07.11.2016 à 07h30  et  -13.8° le 29.04.2017 à 01h00

Avril 2017

Peu de précipitations du 1er avril à la fermeture de la station le 23, mais des températures printanières qui pourrirent progressivement toutes les pentes. On mesurait 70cm au jalon à 2500m au début du mois, il en restait 40 quand 28 derniers cm ont porté le cumul définitif de la saison à 411cm le 28 (ce n'est pas une erreur, il est tombé 28cm le 28 avril). Le jeu comme souvent en fin de saison consista à déclencher les pentes dès qu'on les sentait mûres, ou à fermer les secteurs concernés si nous n'y parvenions pas. La responsabilité est énorme, nous devons garantir aux clients leur sécurité sur les pistes ouvertes. Imaginez la catastrophe si l'avalanche déclenchée artificiellement le 11 sur le haut de Combe Durand s'était déclenchée spontanément, ou sous les skis d'un freerider, avec la ligne du téléski pleine. La neige mouillée peut atteindre une masse volumique de plus de 300 kg/m3, les victimes sont broyées.

La piste de montée de Combe Durand le 12.4.2017 à 11h30
La neige fond puis ruisselle sur le terrain, favorisant le glissement des plaques encore compactes et créant de petits lacs dans les creux comme ici au fond de la piste de St-Barthélémy. le refroidissement nocturne crée une couche de glace que les téméraires bravent au matin, d'autres s'essayent au waterslide l'après-midi. L'eau dépasse à peine le 0°, la chute est synonyme de retour au vestiaire. 

Le lac de Barthélémy, protégé par un filet côté piste, le 12.4.2017
Les skieurs individuels déclenchent des avalanches mouillées en V inversé, une plaque de la largeur des skis emporte progressivement une masse toujours plus grande. Le danger concerne plus les skieurs en aval. Zinal est particulièrement traumatisé par l'accident du 19 avril 2003 quand un père déclencha l'avalanche de printemps qui emporta et tua son fils de 11 ans dans le secteur des Italiens. Le 14 avril, ce secteur était purgé par une machine qui poussa de la neige depuis l'arête du Col en amont. Une surcharge par de nombreux skieurs engagés simultanément sur la pente peut déclencher de pareilles plaques. Pour parvenir à un bon résultat avec des explosifs, nous utilisons des charges entre 5 et 10kg. Comme la majorité du grand public ne comprend pas le danger terrible que représente la neige mouillée, nous fermons les installations quand nous ne parvenons pas à déclencher artificiellement les pentes. 

Secteur des Italiens le 15.4.2017 à 10h, la moitié gauche s'est déclenchée d'une plaque
Les responsables de la sécurité passent une partie de leur journée à vérifier l'état des pentes surplombant les pistes dès les premiers signes de réchauffement. Fermer une installation ou un secteur provoque le mécontentement des clients. Le 19 avril, les températures ont fortement chuté, on mesurait -16.4° à la Corne à 8h, et -23 en surface de la neige. Le manteau avait serré en profondeur et nous avons vécu le dernier week-end d'ouverture libéré de ce soucis. Le 26 et jusqu'à la fin du mois, donc de l'hiver météo sur ce blog, les conditions se sont fortement dégradées. le bulletin climatologique avril 2017 en .pdf publié par MétéoSuisse annonce un avril 0,5° au-dessus de la norme. Retrouvez les valeurs sur la feuille de calcul vallon de Zinal avril 2017.

Cliquez pour agrandir

Mars 2017

Les deux premiers jours de mars ajoutèrent 30cm sur les 70 en place, les minages des 3 et 4 furent un vrai plaisir. La neige fraîche se déclenchait dans les fortes pentes, sans toutefois entraîner le gros de la masse ce qui offrit du très bon ski. Nous nous permettions même des fantaisies en plaçant, comme ci-dessous, notre bombes où le chamois avait renoncé à traverser la pente, en comptant sur l'instinct de la bête pour rentabiliser le coup.


Avec un résultat démonstratif de ce que nous parvenions à déclencher ce jour-là:


Le 4 par nébulosité moyenne, de forts vents du Sud-Est empêchaient les installations du secteur Zinal de fonctionner alors que Bendolla était peu touché. Difficile comme souvent de faire comprendre aux clients en vallée qu'une tempête touche le domaine skiable. La plus belle rafale de la saison fut mesurée le 6 mars, un modeste 105 km/h 262° à 14h30.

Les 5, 6 et 7 rajoutèrent 44cm au cumul, puis 16cm le 10 permirent la plus haute mesure de la saison au jalon, un modeste 111cm. Les conditions sont parfaites quand le jalon dépasse les 140cm de neige tassée. Le 10 au matin, la station de la Corne indiquait -8.4°, le 11 sous un ciel parfait, elle ne mesurait que -2.4° et la température augmenta considérablement pendant la journée. L'après-midi, nous partions miner l'amont de la route pour permettre aux machines d'atteindre la combe de Tsirouc, pour ouvrir le lendemain la piste du Chamois. Depuis l'arête, même en variant les points de tir et en augmentant les charges, nous ne parvenions pas à déclencher la masse. Arrivés sur la partie basse, Nous avons déclenché un grosse coulée qui entraîna plusieurs coulées secondaires en aval, sans contact avec la coulée principale. Au loin, la machine qui ouvrait la route déclenchait à distance de grosses plaques qui entraînait la neige jusqu'au terrain. Impossible pour nous de miner au coeur de la pente, à cours de munition, nous nous contentions d'avertir le machiniste quand sa progression déclenchait des plaques, qu'il puisse rapidement reculer et s'abriter. Les coulées que la machine déclenchait à mi-pente étaient massives, largement capables d'emporter la machine. Péniblement, après avoir déclenché de nombreuses coulées, la machine atteint Tsirouc et put damer la liaison vers Grimentz. Nous retournions à Sorebois avec mon collègue Elliot. Sur l'image ci-dessous prise par drone (merci Boris), les étoiles marquent les coups négatifs, le orange marque les cassures des coups positifs, le vert marque les cassures déclenchées par les vibrations de la machine.

Cliquez pour agrandir
Après avoir terminé la piste, le courageux chauffeur avec qui nous étions en contact téléphonique, a été emporté sur une cinquantaine de mètres par une nouvelle coulée sur la route qu'il avait précédemment ouverte. Heureusement sans mal ni dégât, mais nous avons dès lors compris que la situation était hors de contrôle. La piste du Chamois est restée fermée pour le reste de la saison, les autres parties du domaine nous ont causé bien du soucis. De pareilles mésaventures ont touché le secteur Grimentz. Le SLF maintint toute la période un danger inchangé à 3 marqué. Les jours suivants, nous avons purgé beaucoup de grandes pentes menaçantes, celle du Freeride lâcha le 10 à 30 mètres du lieu de l'explosion. D'évidence, le réchauffement avait complètement modifié la cohérence du manteau neigeux sur le terrain, ce jusqu'à 2900m.

Il tomba 15cm supplémentaires la dernière dizaine du mois, mais le problème vint des températures plus que de la quantité de neige. Selon le bulletin climatologique MétéoSuisse mars 2017, ce fut le deuxième plus chaud depuis le début des mesures. Retrouvez au bout de ce lien la feuille de calcul des mesures du vallon de Zinal mars 2017 .

Cliquez pour agrandir