Hiver 2022 - Situation initiale

4 novembre 2021 - 12h00   Octobre achève dans la douceur une saison estivale bipolaire avec trois premiers mois pourris, puis du beau temps dès août. Le bulletin climatologique de septembre place ce début d'automne parmi les plus doux, octobre devrait suivre la tendance. Pas de chantier cet été à Sorebois, les remontées mécaniques ont enclenché l'usine à neige dès que les températures nocturnes l'ont permis, mais le foehn des derniers jours d'octobre coupa cet élan. Ce sera le 14ème hiver décrit sur ce blog avec des méthodes similaires. A l'heure de reprendre les mesures journalières, l'abondance des points de comparaison stimule mon enthousiasme aux portes de cette saison sombre que j'espère enneigée, mais pas trop. Je me suis inscrits sur Facebook et Instagram au printemps, j'y publierai des photos et signalerai les nouveaux articles du blog qui restera la vitrine "officielle" de mes hivers. Aux amis qui découvrent ces pages je conseille un tour préliminaire vers la description des méthodes de mesures, et souhaite un hiver glissant, mais pas trop.

Sorebois depuis le Tônet le 31 octobre à midi

Octobre s'est terminé avec des températures très clémentes, on mesura à 2900m à 13h 4.6° le 28 et 4° le 31, le mercure titillait les -2° la nuit. Les neiges résiduelles dans les pentes ombragées au-dessus de 2800m datent principalement d'un crachin le 19 septembre, on mesure 5-10 cm avec une croûte superficielle. Seuls quelques cm de terre sont gelés jusqu'à 3000m, les pierriers sont bien apparents, ce substrat influencera peu la suite des évènements. Hasard du calendrier, un changement radical de temps s'annonce pour les premiers jours de novembre; encore un peu de foehn avant le passage d'un front froid qui apportera de la neige et une masse d'air bien fraîche dans sa traîne. J'attends la fin de l'épisode pour publier cette situation initiale.

Ce jeudi 4, j'ai mesuré 14cm et -1.6° à Zinal 1700m et 28cm pour -9.3 à 2500m. Des jours bien ensoleillés s'annoncent pour une semaine au moins avec des températures nocturnes fraîches. La neige disparaîtra rapidement des zones ensoleillées sous 2000m mais devrait se maintenir en montagne. Elle isolera le terrain qui ne gèlera pas ou peu. La trentaine de cm se cristallisera fortement sur les pentes nord au-dessus de 2500m, la prochaine neige sera facile à déclencher. Il est 10h30, j'envoie le drone faire un tour du vallon...

Le vieux village et le fond de vallée ce 4.11 à 10h30

La vallée est blanchie dès 1400m

Les premiers rayons du soleil délestent les arbres, ils reste des aiguilles sur les mélèzes, cette impression hivernale durera peu en vallée mais persistera au-dessus de 2500m. Le SLF émet des bulletins généralistes, pas encore de bulletin régional précis. Je bénis cette institution, ainsi que MétéoSuisse qui proposent des mesures et prévisions de grande qualité publiés sur des outils numériques efficaces. Outre quelques situations anecdotiques mises en exergue par d'éternels septiques, ils restent la référence. 

J'ai entendu ce matin de nombreux chiffres sur l'enneigement du vallon, 20cm sur la voiture, 25 sur le balcon... Aux prémices de ce blog était une frustration devant les difficultés de parler météo, chacun défendant ses chiffres. Je mesure la neige sur une surface plane en boit peint en blanc, et dispose à Sorebois d'une zone protégée pour effectuer de mesures précises. Et pour rappel, le mètre doit se planter perpendiculairement à la surface plane...

C'est en pleine forme que je revêt lundi ma veste de patrouilleur, je piaffe de retrouver mes skis et le plaisir de dévaler les pentes. La station sera réservée aux équipes de compétition jusqu'au 20 novembre, puis ouverte au public les week-ends jusqu'à l'ouverture complète du 18 décembre. Vos commentaires sur mes pages privées sont bienvenus s'ils concernent la météo, la neige et les avalanches. Pour le reste, les remontées mécaniques communiquent par leurs canaux, et tiennent un registre des plaintes.

Le sorbier que je photographiais chaque année a cédé sa place au goudron, au progrès... Je vérifiais si la quantité de sorbes annonçait l'enneigement, comme des anciens l'affirmaient. Après dix ans il me semble qu'elle dépend plutôt de la douceur du printemps; pourris en 2021 comme en 2014, pas de sorbe pour les oiseaux. Comme chaque début d'hiver je pars motivé pour publier souvent, en restant objectif et précis. Ce n'est pas une priorité, le travail passe avant, particulièrement les jours de neige quand le minage se termine tard, je m'excuse déjà pour les retards de publications en périodes intéressantes et vous souhaite un bel hiver sur de solides genoux. Ci-dessous les liens vers les situations initiales des 13 derniers hivers :  

L'été des escargots

Je vis le calendrier celte, la saison sombre débutait en novembre avec les festivités de Samain pour s'achever fin avril, suivaient les six mois clairs. La première moitié de notre saison claire 2021 n'a pas mérité l'appellation, froide et humide elle permit des récoltes de champignons record. "L'été des champignons", le titre que j'avais choisi pour ce résumé saisonnier, était déjà attribué au millésime 2014. Je me suis donc rabattu sur les gastéropodes si nombreux dans mes souvenirs d'enfance, encore bien représentés cet année.

Helix pomatia le 13 juillet aux Moyes 1930m
  

Il fallut revoir cet article tellement il ressemblait à celui de 2014. Net progrès, j'ai exploité les données de la station MétéoSuisse de Mottec en ligne depuis 2015 qui propose une pluviométrie depuis 1973, certainement grâce aux chiffres de l'usine hydroélectrique voisine. Je résumé les données dans le tableau interactif ci-dessous, le cumul de 355mm pour mai, juin et juillet est le plus élevé de ces dix dernières années. 2014 suit, les 202mm alors mesurés en juillet ne sont battus que par les 225mm de janvier 2018. 


Beaucoup de champignons, de souris, de petits rapaces comme le faucon crécerelle, une bonne fenaison pour ceux qui ont profité des créneaux météo, et comme en 2014 aucun fruit sur les sorbiers. Dans les différences, notons que les aroles on produit très peu de cônes, que les guêpes sont restées discrètes, que les effets conjugués du regel printanier et du mildiou ont provoqué la plus maigre vendange de l'histoire. Les vignes familiales n'ont donné que quelques raisins de table, du jamais vu. Il semble que ceux qui ont traité leurs vignes dans les bons créneaux avec des produit chimiques aient sauvé leurs récoltes, ceux qui se sont contentés de l'épandage bio par hélicoptère ont tout perdu. Le kérosène brûlé ne protège pas du mildiou. Nous sortîmes hébétés de la période, qui eut cru qu'il y eut tant d'eau dans les cieux? La seule semaine du camp des enfants aux Moyes du 12 au 15 juillet fut rincée par 78mm de pluie dont 40mm pour le mardi 13. Heureusement, après une période transitoire début août, la saison claire mérita enfin son nom. Phébus régna jusqu'à fin octobre tout en permettant un arrosage régulier très propice aux jardins potagers. Les milieux touristiques démoralisés fin juillet annoncent finalement de bons chiffres, on sent enfin une onde positive baigner la communauté.  

Coucher du soleil "à travers" les Pointes de Nava le 9 août

La crise du coronavirus continue avec ses fluctuations d'avis et de méthodes, l'humanité bêlante choisit d'essayer à large échelle des vaccins à ARN messager. A chacun son opinion; je constate que le seul ancien de ma grande famille à avoir succombé avait refusé le vaccin, mais ne peux omettre les doutes bien exposés par cet article de notre-planete.info. Vacciner les personnes affaiblies, à risques, et les anciens me semble légitime, mais toute la population avec un produit dont on ne sait rien des effets à long terme? J'aurais préféré affronter le virus et mener ce combat avec mes défenses naturelles, qu'elles luttent et deviennent plus fortes. Le conseil fédéral impose depuis le 13 septembre un pass sanitaire sous forme de QR code pour aller aux spectacles, manger dans un restaurant, et beaucoup d'activités de la vie normale. Tout en le déclarant facultatif, ils imposent le vaccin en rendant la vie impossible aux rebelles. Je me suis fait piquer pour gagner ma vie, seuls les fortunés peuvent échapper en payant des tests ou en vivant reclus. C'est bien plus grave que devoir s'incliner devant un chapeau, si je me transforme en zombie je sais qui bouffer !

Chanterelles d'été ou girolles dans la Zau Zoura, le 25 juillet
  

Mes albums archivent les saisons, une photo parle plus que mille mots, l'album public Eté 2021 profite de trois excellents outils de capture. Engagé à pour assurer la sécurité de la course Sierre-Zinal, j'ai passé du temps dans les hauts d'Ayer, beaucoup d'images témoignent de l'avancée saisonnière marquée par un été tardif et un automne rayonnant. Le bulletin climatologique été 2021 de MétéoSuisse montre que l'ensoleillement touche les 100% de la norme à Sion, malgré des précipitations record. Notre beau Valais reste très agréable à vivre. Ce document succinct est une lecture obligée pour tous ceux qui parlent de la pluie et du beau temps. 

CyberContes

Cybercontes? C'est toujours les contes et légendes d'Anniviers dits par Manu, sans artifice. Avec un écran géant pour remplacer le feu, et montrer les lieux des histoires. Des images grandioses de la plus belle des vallées. Venez fêter les grandes vacances avec vos enfants à La Tzoucdana, ou à SD Vissoie le 30 juillet au soir.



Hiver 2021 - Conclusions

Ce ne sont pas les conditions météo qui font de l'hiver 2021 un millésime exceptionnel, mais bien la pandémie de covid; et le remplacement du mythique téléphérique par un télécabine de Zinal à 1700m jusqu'à la Vouarda 1000m plus haut. La nouvelle installation de base élimine l'ennui d'attendre une cabine, jusqu'à 20 minutes parfois, et la désormais intolérable promiscuité. Elle permet d'atteindre le téléphérique de liaison avec Grimentz en amont du domaine, au futur "Espace Weisshorn" qui méritera son nom quand un véritable restaurant avec WC sera construit. Ils moujatent nos dirigeants, et semblent riches... Les cabines inaugurées le jour prévu, la mécanique et les changements de flux des personnes nous ont évidemment posé quelques soucis. La faible fréquentation de cette saison nous a laissé un temps d'adaptation; à quelque chose malheur est bon. 

Sorebois et sa nouvelle télécabine le 12 mars

L'Italie et la France ont simplement fermé les domaines, nous avons pu skier à condition de porter des masques de protection, de limiter la proximité dans les transports, d'adapter les files d'attente pour permettre la "distanciation sociale". Si j'avais pu botter le cul des philosophes qui bassinaient le personnel de leurs considérations, plusieurs paires de godasses y seraient passées. Les mesures contre la pandémie compliquèrent également la prise en charge des blessés, beaucoup moins nombreux par les effets combinés des excellentes conditions et de la faible fréquentation. Les restaurants d'altitude n'ont pu servir qu'en take-away, pas moyen de se réchauffer à l'intérieur. 

File "covid" au départ du Chiesso le 13 décembre

Le chantier en cours empêcha d'enneiger le domaine en octobre, novembre est resté beau, sec et chaud. Comme l'accès aux pistes était difficile, nous n'avons pas trop regretté d'avoir patienté jusqu'à décembre pour recevoir les premiers skieurs. La vraie neige pointa ses flocons tardivement, puis timidement jusqu'à mi-janvier. Le ciel qui s'en fout nous envoya des lueurs d'espoir, des instants de grâce où on est contents d'avoir un appareil photo. Un coup d'oeil derrière la Corne m'offrit une auréole sur Ayer, mon village de coeur. Ce sera la photo de l'hiver, retrouvez les autres sur l'album public Hiver 2021.

Ayer depuis l'arête de la Corne le 7 décembre 2020 à 14h

Le général hiver s'est présenté fin janvier, -19.9°, des vents jusqu'à 122 km/h et plus d'un mètre en cinq jours. Joli sans trop, nous avons ensuite pleinement profité du domaine skiable. En février nous n'étions plus les fous ouverts au mépris de la pandémie mondiale, mais la seule activité permettant de s'aérer. Au dam des catastrophistes, pas de clusters en stations, juste un nouveau mot en franglais. Le manteau neigeux s'est maintenu jusqu'au refresh (je souris) de mi mars qui rajouta 70cm au cumul et garantit la fin de saison. Il fit ensuite trop chaude fin mars, puis trop froid début avril. Cinq providentiels centimètres le 30 avril permirent au cumul saisonnier d'atteindre 501cm, ce qui est honorable bien qu'en-deçà de la moyenne. Mai qui n'entre pas dans le calcul compensera largement ce que novembre n'a pas donné. 

Sorebois le 23 avril 202. Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

Le bulletin climatologique hiver 2020-2021 de MétéoSuisse décrit une saison plus douce que la norme et bien arrosée, surtout au sud. Les températures au-dessus de 1500m en Anniviers sont restées dans les moyennes, un février doux compensant un janvier frais. Le terrain n'a véritablement gelé que sur les expositions nord ou les zones plates et sèches au-dessus de 2200m, les torrents, bisses et marécages ont coulé tout l'hiver.    

Nous allons tourner la page des hivers 2020 et 2021 sans regret. L'impression du devoir accompli est certainement partagée par le ciel qui nous a fourni une prestation dans les normes. Espérons que la page de cette première pandémie mondiale se tourne définitivement, que les stations redeviendront des lieux de fête, et que les loisirs de proximité prendront enfin le dessus sur cette manie de polluer la planète pour se faire bronzer ailleurs par, finalement, le même soleil.

Les records 2021

Je retiens une valeur par épisode météo. L'hiver m'a semblé frais bien qu'il ait fallut attendre avril pour descendre sous les -20°. Nous verrons les moyennes au bilan de la saison. Eole est aussi resté sage, rien d'exceptionnel mais la barre psychologique des 120km/h a été franchie, signe que nous avons vécu un véritable hiver. Ces chiffres viennent de la station Météo de la Corne de Sorebois à 2900m. 



Suivent : -18.4° le 26.12.2020 à 04h00, -16.9° le 13.04.2021 à 06h30, -16.7° le 08.01.2021 à 07h00, -16.4° le 14.03.2021 à 09h30, -15.9° le 16.01.2021 à 05h00, -14.4° le 09.12.2020 à 23h00

Suivent : 80.3 km/h NW 304° le 14.12.2021 à 04h00, 80 km/h WNW 204° le 25.01.2021 à 08h00, 78.0 km/h S 174° le 05.12.2020 à 00h00.

La couche 2021

Avec 501cm de cumul fin avril, l'hiver est au-dessous de la moyenne des 22 derniers qui est de 539cm, retrouvez les valeurs au bout de ce lien. Je rédige cet article le 18 mai, mois qui n'entre pas dans les calculs mais compense largement le manque statistique, il fait pourri comme rarement, la mesure est toujours supérieure au mètre à 2500m... Revenons à la plage observée: la neige est arrivée tard, le chantier du télécabine n'a pas permis l'enneigement mécanique possible en octobre déjà, je n'ai mis les lattes que début décembre. La couche n'a pas dépassé 40cm jusqu'à mi-janvier et il fallut attendre le 29 pour enfin dépasser le mètre. Plus de problème ensuite, nous aurions pu fermer mi-mai au-dessus de 2500m. Plus haute valeur en 24h le 29 janvier au matin avec 34cm, 32cm la veille. Petit...

La couche mesurée chaque quinzaine.

Le cumul de précipitations par quinzaine.


16.11.2020 = 04cm, 20.11.2020 = 02cm
Novembre 2020 = 06 cm
02.12.2020 = 13cm, 05.12.2020 = 08cm, 06.12.2020 = 19cm, 07.12.2020 = 04cm, 09.12.2020 = 05cm, 10.12.2020 = 05cm, 13.12.2020 = 10cm, 22.12.2020 = 07cm, 24.12.2020 = 06cm, 25.12.2020 = 14cm, 26.12.2020 = 08cm, 29.12.2020 = 04cm
Décembre 2020 = 103cm
13.01.2021 = 19cm, 14.01.2021 = 13cm, 15.01.2021 = 16cm, 16.01.2021 = 04cm, 17.01.2021 = 07cm, 18.01.2021 = 04cm, 23.01.2021 = 09cm, 24.01.2021 = 02cm, 25.01.2021 = 08cm, 26.01.2021 = 04cm, 27.01.2021 = 08cm, 28.01.2021 = 32cm, 29.01.2021 = 34cm, 30.01.2021 = 12cm, 31.01.2021 = 20cm
Janvier 2021 = 192cm
01.02.2021 = 03cm, 02.02.2021 = 14cm, 03.02.2021 = 08cm, 04.02.2021 = 07cm, 08.02.2021 = 06cm, 12.02.2021 = 04cm, 13.02.2021 = 04cm, 17.02.2021 = 02cm, 
Février 2021 = 48cm 
10.03.2021 = 03cm, 11.03.2021 = 02cm, 12.03.2021 = 08cm, 14.03.2021 = 21cm, 15.03.2021 = 27cm, 16.03.2021 = 24cm, 17.03.2021 = 06cm, 18.03.2021 = 05cm, 20.03.2021 = 03cm, 27.03.2021 = 05cm
Mars 2021 = 104cm
07.04.2021 = 07cm, 08.04.2021 = 06cm, 12.04.2021 = 06cm, 13.04.2021 = 05cm, 15.04.2021 = 02cm, 16.04.2021 = 05cm, 18.04.2021 = 02cm, 19.04.2021 = 04cm, 22.04.2021 = 03cm, 27.04.2021 = 03cm, 30.04.2021 = 05cm
Avril 2021 = 48cm


Total hiver 2021 = 501 cm

La nébulosité 2021

La proportion du ciel occupée par des nuages est estimée chaque matin à 8h, sur la webcam de la Vouarda en cas d'absence ou de retard. J'ai constaté cet hiver 66 matins de grand beau temps avec une nébulosité de moins de 10%, 52 matins mitigés et 63 matins où les nuages recouvraient plus de la moitié du ciel, dont 35 totalement nébuleux. J'ai vérifié ces chiffres plusieurs fois, ils sont similaires à l'an passé qui comptait un jour mitigé de plus, année bissextile oblige. 

La nébulosité à 8h à Sorebois par quinzaine.

Une grosse différence entre les deux hivers "covid", l'an passé les beaux jours illuminent la fin de saison confinée alors que c'est novembre, également non skié mais pour cause de chantier, qui concentre les beaux matins ce millésime. On ne se plaint pas de la deuxième quinzaine de février ni du dernier mois de ski en 2021. Lien vers l'article La nébulosité 2020 qui comptait 40 matins complètement bouchés, histoire de méditer sur la coïncidence.

Le danger 2021

Le premier bulletin d'avalanches régional fut publié le 4 décembre, le SLF anticipait la première véritable perturbation de l'hiver. Concrètement, nous avons effectué le premier minage le 25 décembre pour peu de neige mais une situation réellement dangereuse. Etre entraîné par une plaquelette sur les cailloux, ça peut faire plus mal que passer dix minutes sous la neige. Sur 128 jours observés jusqu'à fin avril, 14 furent estimés en degré 1 faible, 47,5 en degré 2 limité, 58,5 en degré 3 marqué et 8 en degré 4 fort. Je rappelle que les 1/2 degrés correspondent aux 22 jours où le réchauffement diurne augmentait le danger vers la mi-journée. Pas de degré 5 cette saison encore, ce n'est plus arrivé depuis janvier 2018.

Nous avons globalement approuvé l'estimation du SLF pour notre région, même si la situation est parfois radicalement différente entre Chandolin et Zinal qui figurent sur la même zone. Parfois, comme le samedi 16 janvier rétrogradé au degré 3 après deux jours en 4, nous aurions préféré au moins par prévention un jour de plus signalé comme fort, histoire de refroidir quelques têtes brulées. Les derniers jours de janvier furent les plus tendus, mais on peut considérer un hiver tranquille. Je calcule un indice de "stresse saisonnier du patrouilleur" en additionnant le degré de danger journalier, ce qui nous donne 316 pour l'hiver 2021. Par comparaison, j'arrivais à 379 en 2020, 395.5 en 2019, 394 en 2018, 363 en 2017, 354 en 2016, 242 en 2015. J'aime bien cet indice, mais il souffre d'un changements de paradigme du SLF qui utilise plus qu'autrefois le degré 4 en prévention.

On me reproche de ne pas utiliser les couleurs officielles sur mon graphique et je le regrette. Quand j'ai commencé mes observations en 2009, mon logiciel ne permettait pas de choisir les couleurs des aires. La continuité des méthodes de mesures permet la comparaison, cette même continuité valorise mon travail sur ce blog et mon expertise sur le terrain. Trop vieux pour changer...

Avril 2021

Dans la continuité des derniers jours de mars, avril débuta sous des températures exceptionnelles. Elles mirent à rude épreuve les pistes de retour en station que nous espérions, et avons tenues ouvertes jusqu'au week-end pascal. Les faces exposées au sud étaient libres de neige, limitant le danger d'avalanches mouillées sur les pentes les plus problématiques.  

Relevons l'excellente tenue de la piste de l'Aigle cette saison, le nouveau système d'enneigement a démontré sa pertinence. La route impraticable depuis fin mars, le mur noir est resté ouvert et  enneigé jusqu'au lundi de Pâques. Le glissement des talus de la Latta laissa plus d'un mètre de neige sur la route alors que tout avait fondu alentour. La partie haute de la piste en neige naturelle s'est maintenue tard grâce au bon enneigement général de cette fin de saison. Amusant, de nombreux randonneurs partaient de Zinal pour se retrouver sur une route boueuse dès les premiers lacets de Singlinaz. Un accident en fin de saison relance le débat sur l'interdiction du ski de randonnée sur les pistes. Je n'ai pour ma part aucun doute, il faut rapidement prohiber la pratique, pour la sécurité des skieurs qui financent les remontées mécaniques et les pistes de descente sécurisées que nous leur préparons.

Revenons à la neige; dès le 3, les températures se sont effondrées pour atteindre le 7 au matin la plus basse valeur de l'hiver avec -20.9° à 7h30. Ce qui eut pour conséquence de figer en profondeur tout le manteau sous 3000m, ne laissant qu'un danger d'avalanches résiduel sur les expositions nord en haute montagne. Nous avons pu consacrer notre fin de saison au ski, au tourisme et au rangement, sans soucis pour la stabilité des pentes. Il fallut juste fermer la piste du Chamois quelques après-midi pour éviter les couloirs exposés en-dessous de 1800m côté Grimentz. La station ferma le dimanche 18 avril, nous sommes remontés ranger le lundi. Le domaine skiable était parfait, le paysage montrait un printemps d'apparence normal, une vallée libre de neige jusqu'à 2000m et des prés qui commençaient à verdoyer autour des villages.   
  
Anniviers le 19 avril 2021 à 14h

Les dernières neiges quittèrent mon aire de mesures en station le 19, les Plats de la Lée et et les versants nord mirent plus longtemps à fondre. Je remontais le 30 avril pour prendre les mesures à 2500m, 5cm sur la planchette permirent au cumul saisonnier de juste dépasser les 5 mètres, il restait 80cm au jalon. Le paysage montrait quelques coulées printanières dans les couloirs pentus, le SLF remonta d'ailleurs le degré de danger à 3 pour cette journée ensoleillée qui suivait une nuit couverte.  

Couloir Peter le 30 avril, le manteau n'avait pas serré la nuit.

Le bulletin climatologique de MétéoSuisse annonce le mois d'avril le plus froid de ces vingt dernières années en moyenne nationale. Une catastrophe pour l'agriculture, particulièrement pour les vergers en plaine boostés par les chaleurs de fin mars, en pleine floraison au retour du froid. Ce même froid qui ôta l'épée de Damoclès qui pèse sur les professionnels en gelant profondément le manteau. Nous aurions sans problème pu tenir les pistes ouvertes jusqu'en mai, retrouvez les données résumées dans le graphique sur la feuille de calcul avril 2021

Cliquez pour agrandir

Face d'annitrek

Les indépendants du tourisme se réinventent, la crise du coronavirus nous laisse prostrés, abandonnés au bord de l'autoroute économique. La confiance en l'avenir passera par des plans de repli, une diversification, pourquoi pas un nouveau chemin? J'ai peu souffert, occupé six mois par les remontées mécaniques restées heureusement ouvertes, je sors d'un période intense. Le manque à gagner n'a pas été dépensé en loisirs, la balance se maintient. Je vis plus simplement, avec des valeurs que j'admirais mais peinais à suivre distrait par le contexte social, le Pub... 

Je ne ferai plus d'accompagnement professionnel, la décision date d'avant la crise. Comme j'ai rédigé un travail de mémoire il y a 23 ans, je vais produire un travail de retraite dès mai. Mon challenge : transmettre avec les outils numériques ce que j'ai appris sur ma vallée, en essayant de rester intéressant et constant. Mon site www.annitrek.ch ne vendra plus de randonnées, il sera un espace de regroupement des publications libre de publicité, mon QG numérique dès le 10 mai. Je publierai comme autrefois les films sur la chaîne YouTube et les articles sur ce blog, le compte Twitter sera complété par Facebook et Instagram, désormais je réseaute. 


Je ferai à ma façon, sans cours de communication, ni web publishing, sans # ça me fait mal aux yeux. Comme j'aime dans la mesure des moyens techniques et de la créativité à disposition. Je suis désormais cyber-conteur, mais dès que possible rendez-vous autour du feu !

Mars 2021

Du beau temps et des températures faciles en février subliment la plus haute période touristique, du moins quand l'enneigement est suffisant. Un soleil même insistant n'attaque que superficiellement un manteau d'un mètre dans notre fond de vallée ombragé. Début mars, déjà gavés de lumière et de ski, nous commencions à craindre pour notre neige. Pas de précipitation à l'horizon, des températures trop clémentes et une neige sale qui supportera mal le soleil printanier. Les restrictions covid nous privant d'une grosse partie de la clientèle, j'appréhendais la suite de la saison. Heureusement le team Events prévoyait moult courses, dont les championnats nationaux du 22 au 28. 

Pente sud de Combe Durand le 4 mars 2021

Puis on annonça de grosses perturbations avec un fort apport de neige. La Corne mesura la deuxième rafale de l'hiver avec 116 km/h le 11 à 23h30, puis quelques giboulées nous mirent en condition, les véritables précipitations commencèrent la nuit du 13. La stratégie de MétéoSuisse semble d'alarmer pour ensuite baisser les prévisions au fur et à mesure que la situation se précise. C'est mieux que le contraire, mais un peu frustrant quand on aime les coups de tabac, les minages extraordinaires et les avalanches grandioses.    


Un scénario parfait, plus de 20cm trois jours de suite pour un cumul sur trois jours de 72cm. Les vents soutenus du NW, dont deux rafales à 106 km/h, portèrent la neige dans la cuvette de Sorebois sans commettre d'excès. Le premiers minages du 14 vit de beaux résultats, la surface du manteau rejetait la nouvelle neige, beaucoup d'avalanches spontanées. Le minage hélico final du 16 mars programmé au matin dut attendre la fin de journée, trop de vent sur les arêtes. La couche toucha ce matin-là la plus haute côte de la saison. La neige se tassa visiblement pendant la journée, les résultats restèrent moyens voire faible, ce qui repoussa le problème. Le SLF plaça les 15 et 16 en degré 4 fort, les prévisions et le degré de danger pour notre région étaient conformes aux observations sur le terrain. 

Puis vint l'étrange samedi 20 mars; les aficionados avaient déserté le télétravail pour tracer la neige fraîche pendant la semaine, mais un apport d'une dizaine de cm et un ciel azur promettait un beau week-end. Un fort vent d'est s'invita à la fête, déplaçant la neige fraîche sur les sommets et dessinant d'hallucinants nuages, sans gêner le ski. De gros cristaux de givre de surface faisaient scintiller la montagne.   





Le 20 mars 2021 à 9h30, photo de Laeti.

Anticyclone, températures fraîches mais en augmentation constante, la fête s'annonçait superbe pour les organisateurs des championnats suisses. Tout se passa très bien, j'en profite pour faire un clin d'œil aux bénévoles qui permettent à Zinal d'organiser tant de courses au long de l'hiver.

Merci ! Sans vous, sans courses, la saison eut paru bien longue.

Toute la fin du mois fut belle, une micro-perturbation le 27 freina la hausse des températures qui atteignirent 8.8° à 2900m le 30 en fin de journée. Je me dis souvent qu'il vaudrait mieux noter les records de chaleur que de froid, ils deviennent plus spectaculaires. Le rapport climatologique mars 2021 de MétéoSuisse parle de records de chaleur battus dans de nombreuses stations du pays. La feuille de calcul mars 2021 confirme le bilan national, deux profils publiés précédemment gardent mémoire de la configuration neigeuse. 

Cliquez sur l'image pour agrandir.

Profil pente nord 29.03.2021

Un profil de deux mètres prend deux heures, en se contentant d'un test de compression. J'ai choisi une pente nord une vingtaine de mètres sous l'arête de la Corne, un endroit qui subit l'influence du vent, mais qui n'a été ni skié ni déclenché de la saison, une rareté fin mars. Le sol est gelé, toutes les strates sèches, alors que le soleil de printemps pousse doucement le 0° au-dessus de 3000m. 

Cliquez sur l'image pour agrandir.

C'est vraiment intéressant de constater les différences d'évolution du manteau suivant l'emplacement. Les principales particularités de cette coupe, outre les 90cm en plus du jalon au plat :

- L'épaisse strate au sol est formée de neige très ancienne, probablement tombée en octobre et soufflée par le foehn; les cristaux sont gros mais soudés, ils faut gratter pour les recueillir. J'y vois une grosse métamorphose constructive en début de saison, puis modérément destructive. 
- La deuxième strate résulte certainement de neige artificielle accumulée lors de l'effort d'enneigement de fin novembre. Les canons sont à 50 mètres.
- La troisième résulte des neiges de décembre, peu tassées par le vent et bien métamorphosées.
- Les trois couches suivantes sont tombées la deuxième quinzaine de janvier, la plus solide était poussée par des vents à plus de 120 km/h.
- Après un couche molle née des dernières neiges de janvier et des premières de février, on trouve la fameuse couche mêlée des sables du Sahara autour du 6 février. Pas de précipitation, seul le vent du sud modela cette state, mélange de neige soufflée et de sable.
- Puis une couche de faces planes très fragile. J'y vois les dernières neiges de la première quinzaine de février restées en surface jusqu'au 10 mars. Cette strate s'est effondrée après huit touchettes au test de compression. Là où plus de neige s'est accumulée dessus, elle présente le principal danger actuel et semble responsable de plusieurs accidents mortels (4 morts en Valais du 20 au 23 mars).  
- En surface les dernières neiges de mars. La couche est fine, les forts vents du N-NW ont accumulé ces précipitations sur l'autre versant. 

La deuxième faiblesse est à 60cm, j'ai pu découper jusque-là une fine lamelle et la déplacer pour l'observer à la lumière, l'ensemble est donc cohérent. La plupart des endroits similaires plus pentus se sont déjà déclenchées plusieurs fois cette saison. Jusqu'aux avalanches de printemps, le danger viendra principalement des neiges accumulées sur la très remarquable couche sablée. 

Profil au plat du 4 mars 2021

Profil effectué près du carré de mesures à Sorebois 2500m le 4 mars à 13h. Un exercice intéressant qui permet de constater l'évolution de la neige à l'endroit des mesures. Ce sont donc les 349cm de flocons tombés depuis novembre tassés et transformés sur les 112cm profilés. La température de l'air était de +0.5°.

Cliquez pour agrandir

Au moment d'entrer les observations dans le logiciel j'ai douté, certaines associations de grains me paraissent improbables comme les faces planes et les grains très fin vers 90cm. Le vent, le froid et l'ancienneté de la couche expliquent certaines évolutions. J'analyse ainsi les particularités des principales strates :

- Les gobelets au contact du sol, pourtant bien constitués, fondent et s'arrondissent. Peut-être les températures positives pendant le profilage. 
- Nous trouvons la neige tombée jusqu'au 19 janvier sous une couche dure restée en surface à 37cm. Des journées ensoleillées et douces ont créé une croûte de fonte-regel désormais fragile.
- Les neiges de 37 à 96cm correspondent à l'épisode agité du 23 au 31 janvier, les petites faces planes à 90cm sont peut-être une métamorphose constructive des grains fins majoritaires ?
- On distingue des particules sur les dernières strates, probablement tombées du 13 au 17 février.
- En surface, une croûte fragile certainement formée par les vents, avec des creux en surface typiques de la vieille neige longtemps exposée.

La surface de la zone profilée.

Février 2021

Après l'accalmie du 31 janvier, de nouvelles perturbation apportèrent quelques précipitations dans un air très doux, et nous craignions qu'enfin libérés des cités, nos clients ne bravent les dangers sans discernement. La grande combe de Singlinaz qui domine la piste de l'Aigle avait résisté aux tirs de Gazex et au minage par hélicoptère, impossible d'ouvrir le retour en station dans ces conditions. Même fermées barricadées, ces pistes sont parcourues à contre-sens par de nombreux randonneurs souvent inconscients du danger. Je mesurais 2° à Zinal le 3 au petit matin, il pleuvait jusqu'à 2400m, de nombreux talus se déclenchèrent sous la limite des forêts. Nous redoutions le scénario de Noël 2012 que j'avais résumé ainsi :

Avalanche du 22 décembre 2012 à Singlinaz.
Cliquez pour agrandir

Suivant le même plan mais dans des proportions moindres, l'avalanche de Singlinaz se déclencha peu avant 15h, recouvrant la route de la Latta et la piste jusqu'au sommet du mur noir, et le bas de la route, épargnant encore une fois de peu les bâtisses de l'alpage. Cette neige lourde n'aurait laissé aucune chance aux randonneurs présents sur son passage, même équipés comme des lions aux portes du Colisée.

Singlinaz le 3 février à 16h.

Nous n'avions plus qu'à attendre que les talus en amont de la route du retour vers la Barmette se déclenchent pour envoyer les machines ouvrir la piste. Ce que permit finalement la grosse chute des températures du 8 qui figea les pentes humides sous 2500m, rabaissant le danger d'avalanches à 2 dans la région. Après ce jour, seules les coulées déclenchées par les freeriders dans le vallon de Moiry nous préoccupèrent, l'ensemble du domaine sécurisé resta stable et je ne mesurais que 10cm supplémentaire pour le reste du mois. Avec 48cm de neige tombée et une température moyenne de -1.5° le matin en station, février resta calme et trop doux. Malgré la phobie du covid, de nombreux skieurs profitèrent des relâches de carnaval pour s'aérer dans nos stations. 

Sorebois le 6 février à 12h.

Deux incursions de nuages de sables du Sahara allaient colorer la montagne; celui des 5 et 6 fut le plus intense depuis le 21 février 2004 qui m'avait particulièrement marqué. Un retour moins spectaculaire des sables du 22 au 25 obscurcit longuement l'atmosphère, se déposant lentement jusqu'à ressembler à du stratus sur la plaine. On les remarque bien sur cette photo du coucher du soleil prise en fin d'épisode, le 24 février à 18h depuis la Corne de Sorebois. Notez qu'en 2004 le sable était mélangé à la neige, alors que cette année il s'est déposé par vents soutenus du sud, s'accumulant derrière les mouvements du terrain. 


Encore plus marquant en zoomant sur les Dents du Midi :


la feuille de calcul février 2021 et le bulletin climatologique de MétéoSuisse décrivent un février trop doux, insipide du point de vue nivologique. Je mesurais 88cm à 2500m et 44 au plat en station le 28, les talus exposés au sud sont découverts jusqu'à 2000m, on ne devrait pas tarder à cueillir les premiers tussilages.

Cliquez pour agrandir

Janvier 2021

Janvier commença dans une morosité palpable malgré les réjouissance obligatoires; du froid, peu de neige, des pistes artificielles comme succédané. Après l'épisode décrit dans l'article précédent nous reprîmes quelque espoir, la fin du mois rendit un sourire tendu aux amoureux de la neige conscients des dangers qu'elle emmène. Le graphique mensuel résume les mesures à 8h dans le vallon; barbare pour le néophyte j'y vois la synthèse des jours vécus. Seul Eole manque au tableau, j'ai rajouté en-dessous le résumé de ses frasques à la Corne :      

Cliquez sur les images pour agrandir.

Les traits bleus du premier tableau résument l'enneigement; les verticaux montrent la neige tombée et les horizontaux l'évolution de la couche, le foncé à 2500m, le clair à 1700m en station. Pour ouvrir toutes les infrastructures dans les meilleures conditions il faut 50cm en station et 1 mètre à Sorebois, chiffres atteints le 28 d'une fin de mois agitée. Tout se combina pour créer une situation dangereuse, un mauvais fond heureusement brassé par l'épisode précédent, des précipitations, du vent et un gros redoux.  Le danger 4 régna du 28 au 31, le raisonnable mètre de cumul évita les gros problèmes. Un minage régulier pendant l'épisode laissa des finitions au radieux samedi 30, et nous craignions peu pour les alentours du domaine skiable. La montée en cabine alarmait sur les conditions, tous les talus en-dessous de 2300m avaient cédé sous le poids d'un manteau alourdi par le réchauffement. Le danger résiduel menaçait principalement les pentes de basse altitude qui n'avaient pas encore lâché. La Montagne, où la gestion du danger d'avalanches est laissée au Point de Rupture, cachait ses pièges sur les pentes moyennes qui ne rompent que dans les pires configurations. Je n'avais jamais constaté autant de cassures dans les talus en aval du domaine skiable, espace que nous ne gérons d'ailleurs pas. Le minage hélico fut un peu plus spectaculaire que le précédent, mes images ne valent pas le détour.  Côté Bendolla, une impressionnante vidéo du minage cartonne sur le web.
 
Zone en aval du domaine skiable, secteurs Chiesso et Tsarmettaz
 
Le bulletin climatologique janvier 2021 de MétéoSuisse décrit un janvier hivernal et très arrosé, particulièrement en Suisse orientale. La feuille de calcul Janvier 2021 et le tableau comparatif ci-dessous confirment la tendance nationale, notez que ce sont les moyennes des températures à 8h chaque matin. 


Le danger n'est pas proportionnel aux quantités de neige, la constitution du manteau prédomine. Je n'ai pas trouvé le chiffre des âmes perdues ce janvier, il est considérable mais infime relativement aux risques pris. La Montagne est généreuse; au vu des affronts qu'elle subi son prélèvement reste moindre. Des professionnels expérimentés se font parfois piéger, la gestion du danger ne l'élimine pas, la durée de fréquentation condamne statistiquement ceux qui s'exposent souvent . A ces passionnés je dédie la photo ci-dessous, une beauté immense qui les accueille désormais.

Le vallon de Zinal le 31 janvier 2021 à 13h

Les premières images de l'album public Hiver 2021 sont en ligne.