La Grande Aventure

02.02.2014 - 20h30  Impossible de l'ignorer, le chantier fait vibrer la vallée depuis deux ans. Comme un sportif avant les jeux, je suis resté à l'écart du brouhaha pour affronter sereinement cette nouveauté et les défis qu'elle apporte. Samedi 25 janvier, Grimentz et Zinal consommaient leur mariage; ce qui n'était que tractations et bruits de machines devenait concret. Sorebois est désormais à quelques minutes de Grimentz. Une nouvelle grande aventure pour le val d'Anniviers!



Inutile de "rabacher", les médias commentent abondamment l'événement. Revenons au sujet de ce blog: nous vivons un troisième hiver neigeux, le ciel est dynamique depuis Noël, la situation évolue constamment. Le 24 janvier, le record de froid tombait avec -18.2° à 18h à la Corne de Sorebois. Le mercure affichait encore -17.2 à 5h le 28, deuxième plus basse valeur de la saison. Les 26 et 27, deux tempêtes distinctes du nord-ouest accompagnées d'une vingtaine de cm de neige entassaient un mètre derrière les arêtes. La plus belle rafale fut mesurée le 26 à 114.1 km/h, puis le vent est resté marqué jusqu'à la fin du mois. Cette fraîche s'est ajoutée aux 12cm tombés le 24, un grand minage les 27 et 28 stabilisa le domaine skiable. La montagne "sauvage" est devenue, elle, très compliquée à déchiffrer.

Le 31 janvier au soir, le courant toujours ferme tournait au sud-ouest.
Le Weisshorn méritait son nom originaire de l'autre versant.
Les principales accumulations étaient faciles à déclencher dans les pentes nord à est. Les avalanches sont restées de tailles moyennes. Les pentes régulièrement purgées encaissèrent sobrement ces quantités raisonnables. Les surprises sont venues de couloirs chargés de nouvelle neige qui se sont normalement déclenchés, la masse est ensuite venue appuyer sur des pentes à déclivité modérée au fond des couloirs où subsistait de la neige restée stable tout l'hiver. Ces faces ont glissé sur les couches fortement métamorphosées en contact avec le sol. Un petit couloir régulièrement skié et miné déclencha une avalanche qui traversa la piste de Tsirouc (fermée) sur une centaine de mètres. Ce scénario peut se reproduire sur toutes les pentes qui n'ont pas été déclenchées cette saison. Des grandes faces à déclivité modérée atteindront un jour leur point de rupture par minage, par accumulation de neige fraîche, ou par passage de skieurs. Pour sécuriser ces pièges, il faudrait des précipitations assez abondantes pour que la rupture se fasse naturellement. Quand des skieurs provoquent la surcharge, ils sont confrontés à des masses très rapides qui se déplacent au sol sur des distances qui peuvent tout mettre en danger en aval. Et l'équipement du freerider ne protège pas du sol!

La nuit passée, 16cm sont tombés sans le moindre vent sur la vallée. La couche dépassait ce matin le mètre au jalon, les pistes resteront excellentes pour les vacances de février. Ce dimanche, un brouillard épais nous empêchait de profiter des excellentes conditions de ski.

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