Mars 2017

Les deux premiers jours de mars ajoutèrent 30cm sur les 70 en place, les minages des 3 et 4 furent un vrai plaisir. La neige fraîche se déclenchait dans les fortes pentes, sans toutefois entraîner le gros de la masse ce qui offrit du très bon ski. Nous nous permettions même des fantaisies en plaçant, comme ci-dessous, notre bombes où le chamois avait renoncé à traverser la pente, en comptant sur l'instinct de la bête pour rentabiliser le coup.


Avec un résultat démonstratif de ce que nous parvenions à déclencher ce jour-là:


Le 4 par nébulosité moyenne, de forts vents du Sud-Est empêchaient les installations du secteur Zinal de fonctionner alors que Bendolla était peu touché. Difficile comme souvent de faire comprendre aux clients en vallée qu'une tempête touche le domaine skiable. La plus belle rafale de la saison fut mesurée le 6 mars, un modeste 105 km/h 262° à 14h30.

Les 5, 6 et 7 rajoutèrent 44cm au cumul, puis 16cm le 10 permirent la plus haute mesure de la saison au jalon, un modeste 111cm. Les conditions sont parfaites quand le jalon dépasse les 140cm de neige tassée. Le 10 au matin, la station de la Corne indiquait -8.4°, le 11 sous un ciel parfait, elle ne mesurait que -2.4° et la température augmenta considérablement pendant la journée. L'après-midi, nous partions miner l'amont de la route pour permettre aux machines d'atteindre la combe de Tsirouc, pour ouvrir le lendemain la piste du Chamois. Depuis l'arête, même en variant les points de tir et en augmentant les charges, nous ne parvenions pas à déclencher la masse. Arrivés sur la partie basse, Nous avons déclenché un grosse coulée qui entraîna plusieurs coulées secondaires en aval, sans contact avec la coulée principale. Au loin, la machine qui ouvrait la route déclenchait à distance de grosses plaques qui entraînait la neige jusqu'au terrain. Impossible pour nous de miner au coeur de la pente, à cours de munition, nous nous contentions d'avertir le machiniste quand sa progression déclenchait des plaques, qu'il puisse rapidement reculer et s'abriter. Les coulées que la machine déclenchait à mi-pente étaient massives, largement capables d'emporter la machine. Péniblement, après avoir déclenché de nombreuses coulées, la machine atteint Tsirouc et put damer la liaison vers Grimentz. Nous retournions à Sorebois avec mon collègue Elliot. Sur l'image ci-dessous prise par drone (merci Boris), les étoiles marquent les coups négatifs, le orange marque les cassures des coups positifs, le vert marque les cassures déclenchées par les vibrations de la machine.

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Après avoir terminé la piste, le courageux chauffeur avec qui nous étions en contact téléphonique, a été emporté sur une cinquantaine de mètres par une nouvelle coulée sur la route qu'il avait précédemment ouverte. Heureusement sans mal ni dégât, mais nous avons dès lors compris que la situation était hors de contrôle. La piste du Chamois est restée fermée pour le reste de la saison, les autres parties du domaine nous ont causé bien du soucis. De pareilles mésaventures ont touché le secteur Grimentz. Le SLF maintint toute la période un danger inchangé à 3 marqué. Les jours suivants, nous avons purgé beaucoup de grandes pentes menaçantes, celle du Freeride lâcha le 10 à 30 mètres du lieu de l'explosion. D'évidence, le réchauffement avait complètement modifié la cohérence du manteau neigeux sur le terrain, ce jusqu'à 2900m.

Il tomba 15cm supplémentaires la dernière dizaine du mois, mais le problème vint des températures plus que de la quantité de neige. Selon le bulletin climatologique MétéoSuisse mars 2017, ce fut le deuxième plus chaud depuis le début des mesures. Retrouvez au bout de ce lien la feuille de calcul des mesures du vallon de Zinal mars 2017 .

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