Avril 2018

17.05.2018    Je mesurais 12cm à Sorebois au matin du 1er avril, 18cm en station pour cacher les oeufs. Le cumul depuis le 28 mars atteignait 70cm avec une bonne météo jusqu'à mardi; nous attendions du monde sur les pistes. Réouvrirent progressivement au rythme du minage puis du damage des secteurs, le retour en station et les pistes de ski de fond devraient attendre la purge des arêtes en hélicoptère. Les 4 gazex mis en place ne protègent pour l'heure que le secteur de Singlinaz, les travaux continuent cet été avec la pose de 6 nouveaux exploseurs. Aux commandes des gazex, je posais mon appareil sur un trépied pour tenter de filmer les résultats. Encore une fois, le gros de la masse de neige restait en place, mais la fraîche se déclenchait facilement. L'avalanche de la Lé montra un résultat spectaculaire pour la troisième fois cette saison. La zone de déclenchement est vaste, propice aux accumulations, mais la pente modérée retient les spontanées. Le minage déclenche la vaste pente qui surplombe le nord de l'alpe de la Lé, puis tombe d'une série de falaises avant de s'écraser sur la partie étroite du vallon qui est périodiquement dévasté par les coulées. L'aérosol s'élève haut sur le versant opposé, les images sont spectaculaires. Les pistes de ski de fond et l'accès aux cabanes sont menacés. Les images sont lointaines, mais stables et de bonne qualité contrairement aux produits des smartphones.

Le manteau s'était déjà détrempé partout sous 2500m, sur les face ensoleillées jusqu'à 3000m. Nous étions satisfaits du minages des endroits menaçants les pistes. Le lundi de Pâques, tout le domaine s'offrait à une très nombreuse clientèle, satisfaite de la journée et de la saison selon mes contacts. Pas de miracle, les températures printanières n'allaient pas attendre le 15 pour déstabiliser la neige en montagne, et les talus en vallée. Un éboulement nous contraint à fermer définitivement la piste de l'Aigle le 5 au matin, nous fermions les pistes exposées l'après-midi. Des avalanches de glissement constellaient le paysage, une plaque nous surprit le 6 vers 16h30 en amont du Chiesso; elle n'atteint pas la piste, mais nous avions obtenu un déclenchement la veille et pensions la zone sécurisée.

Aucune fissure n'a précédé ce glissement dans une zone fraîchement minée
Il est rare qu'une plaque suffisamment importante pour toucher les piste nous surprenne. Chat échaudé craint l'eau froide, nous avons redoublé de prudence et fermé les secteurs au moindre doute, parfois au grand dam des skieurs insouciants. Nous avions passé la saison sans accident et restons attentifs jusqu'à la dernière heure. Survivre à l'hiver le plus enneigée depuis plus de 30 ans demande une peu de science, de l'instinct, et beaucoup de chance comme en témoigne l'antique Chiesso de Tracuit épargné pour quelques mètres.

Le Chiesso de Tracuit, fraîchement rénové, le 12 avril 2018 
Beaucoup de coulées spontanées ponctuèrent le lundi 9 après une nuit couverte, malgré l'absence de soleil. Les autres jours, le regel nocturne sauva la situation jusqu'au dernier dimanche, où de nombreuses fissures apparurent en amont des pistes reléguant dans le centre du domaine les ultimes clients. Une fissure apparut dans le prolongement de la plaque du Chiesso du 6, juste en aval de la route nous avons poussé de la neige dans la fissure sans résultat. Les plaques de glissement se déclenchent quand elles veulent, passer dessous est une partie de roulette; l'équipement dans la neige lourde ne sert qu'à retrouver les corps broyés plus rapidement, et on ne "skie" pas les coulées de neige mouillée.
La sympathique petite station de Verbier accueillit notre sortie de fin de saison lundi 16. Nous avons comme d'habitude fait preuve de discrétion, et de la sobriété qui fait la réputation de notre team. A observer les énormes coulées autour du domaine bagnard, j'étais heureux de n'avoir pas à pousser le bouchon plus loin et plaignais mes collègues locaux qui jouaient les prolongations...


La deuxième partie du mois fut un festival de soleil et de douceur. La neige fondait rapidement en journée, le regel nocturne assurait une certaine cohésion du manteau et permit une saison de ski de randonnée magnifique. La Navizence restait calme, elle s'amplifiait certes en journée mais sans atteindre les niveaux que j'imaginais par ces températures. Après dix jours qui nous auraient étonné en juin, des crocus apparurent autour de mon jalon en station. Une fonte rapide et modérée, rien à voir avec celle, catastrophique, du dernier hiver fortement enneigé en 2013.

Du mardi 17, début des vacances, jusqu'à la fin du mois. 
Le bulletin climatologique avril 2018 de MétéoSuisse annonce le deuxième avril le plus chaud depuis le début des mesures en moyenne nationale. C'est assurément la deuxième partie du mois qui fit la différence. La neige fondit sur place, très peu de coulées au regard de 2013. Lien vers la feuille de calcul Vallon de Zinal avril 2018 résumée ci-dessous:


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